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HAPPY KOLO "the last pissed" 3éme album studio pour la joyeuse bande de Mantes-la-Jolie et alentours. superbe digipack agrémenté d'un livret 24 pages ou vous voyagerez de longs moment en détaillant les textes et photos et dessins, etc...
Chronique par Lionel dans 442ème Rue: HAPPY KOLO : The latest pissed : Quand Happy Kolo vous annonce un album pour, mettons, 2005, comptez large et rajoutez 2 unités au compteur, genre 2007. C'est un euphémisme que de dire qu'on l'attendait avec impatience ce nouvel Happy Kolo, surtout qu'à chaque fois qu'on se croisait c'était "promis juré croix de bois croix de fer etc..." il sort dans 2 mois. Alors moi, forcément, émoustillé et allumé comme une jeune vierge la veille de son premier rendez-vous amoureux, je n'y tenais plus. J'en ai connu des espoirs déçus, des dates fatidiques noyées dans les affres de l'indécision, des nuits blanches passées à ressasser ce que j'allais bien pouvoir leur en dire de leur zouli nouveau disque tout bien enregistré et dessiné, des heures à me ronger ongles et phalanges (j'ai même commencé à attaquer la paume de la main gauche tellement y avait plus rien d'autre à grignoter) dans l'attente du CD salvateur, de l'album de l'année (que dis-je ? du siècle), des heures de bureau perdues dans des rêveries de punk électrique, de déconnade houblonnée, de guitares porcines et de picole heureuse et joviale. Mais, telle la soeur Anne lambda, je ne voyais que les perfs qui s'agitoient et les crêtes qui pogotoient, mais point d'album charmant pour venir me tirer des griffes de l'horrible temps qui vous file entre les jambes, vous laissant sans autre alternative que votre indépendance de musicologue du binaire pour tout avenir... Et puis, joie, bonheur et félicité céleste, un beau jour voilà-t-y pas qu'un jolly roger goguenard vient frapper à ma porte, et, avec un clin d'oeil appuyé sur une dentition où les chicots se font plus rares que les élans de sympathie spontanée dans l'oeil torve de Sarkozy, me glisse entre les moignons (n'oubliez pas qu'il ne me reste plus de doigts, voir plus haut) un digipack sur lequel, croyant défaillir d'aise et d'indicible plaisir, je lis, en lettres de sang sur un champ d'or, ce nom si familier à mes yeux, mes oreilles et mes paraboots : Happy Kolo. Alleluiah brothers and sisters ! Le machin est donc enfin sorti, j'ai le truc bien en main, le bidule n'attend plus que je le glisse dans la fente humide et offerte de mon suceur de rondelle, ce que je fais derechef, n'y tenant plus après ces mois et ces années de quasi abstinence imposée. Et là, en à peine 2 secondes c'est l'explosion précoce et libératrice, de celles qui vous laissent extatique, pantois et dans un état second de première bourre. Mais bon, c'est pas le tout d'avoir enfin pu assouvir ma libido musicale trop longtemps frustrée, s'agit maintenant de voir si la divine maîtresse d'un soir pourra aussi faire une concubine certifiée sur le long terme. Premier effet sonore, ce disque, pourtant enregistré à la maison, claque de belle façon, preuve que le studio n'est plus forcément un ingrédient essentiel à la conception d'un bébé mais que les hommes derrière les machines sont toujours les principaux artisans du bazar, rassurant. Deuxième effet vocal, c'est donc le premier album enregistré avec Charly au chant masculin, un Charly qu'on a déjà pu apprécier depuis quelques années sur scène. Et là il ne faut certes pas chercher la comparaison avec Beck, ces 2 là évoluent dans des registres vocaux si différents qu'il faut faire abstraction de l'un pour écouter l'autre et vice-versa. Si Beck passait tout en force et en énergie, Charly lui se la joue plus en finesse, en tact et en sous-entendu, d'ailleurs il se fond plus dans le registre de Nat que ne le faisait Beck, jouant plus dans la complémentarité que dans l'affrontement. Troisième effet choral, on retrouve ici des titres qu'on avait déjà pu découvrir sur scène, ce qui fait qu'on n'est pas dépaysés une seule seconde, certains étaient même déjà parus sur le précédent live ("Touché plein coeur", "Outrage"), habile transition donc pour ne pas effaroucher le fan de base qui pourra ainsi se référer à quelques mémorables fiestas live personnelles en écoutant d'une oreille nostalgique ce vibrant hommage à son allégeance happykolesque. Quatrième effet générique, enfin, vu que Happy Kolo a largement eu le temps de peaufiner ce disque, celui-ci s'inscrit d'emblèe parmi les pièces maîtresses du groupe, à mi-chemin entre la spontanéité qui a, de toute façon, présidé à sa genèse, et l'amour du travail bien fait qui les a fait remettre cent fois sur le métier leur ouvrage (c'est pas parce qu'on est punk qu'on doit tout saloper quand même). Du coup y a un peu de tout le patrimoine génétique du groupe dans ce disque qui est, sans conteste, le plus homogène de leur discographie. Si j'osais je parlerais bien de maturité à ce propos, mais je subodore qu'ils vont prendre ça pour une cochonceté et qu'ils vont me vanter les mérites comparés du 42 fillette de leurs docs respectives la prochaine fois qu'ils m'inviteront à écluser un gorgeon. Tant pis, je prends le risque... |