Chronique de Frank pour www.addictif-zine.com

Gilbert et Ses Problèmes "En Transit"
(General Strike / Talion productions / Mass Prod)

Quinze ans d'existence, plus de 400 concerts dans toute la France, deux albums épuisés (mais réédités en coffret il y a peu), le combo keupon sudiste est du genre déterminé. Héritier des héros du rock alternatif des années 80, acteur du renouveau des 90's, Gilbert Et Ses Problèmes reste fidèle à ses principes avec ce troisième plein de vitalité et de bons mots.

Peut-être que ce nouvel album aurait pu sortir sur un label plus important (encore faudrait-il qu'il existe des labels punk rock aux reins solides ici bas), mais Gilbert Et Ses Problèmes préfère collaborer avec des petites structures indés et underground françaises (Mass Prod, Maloka, Stygmate, Karameikos…) avec lesquelles il se sent proche et en osmose. Il se sont donc mis à plusieurs (dont la propre structure du groupe, Talion Production — tu pensais vraiment que ces gens n'ont pas songé à s'autoproduire ?) pour éditer ce joli En Transit. Joli, parce que l'emballage est superbe (l'œuvre de la boite de BD Distant District) qui contraste avec les premières œuvres graphiques un rien approximatives du groupe. Mais si l'extérieur est "joli", le contenu est méchant. Furieusement méchant. On y décrit la vie, la vraie, dans le plus simple apparat : le quotidien absurde ("Rêve, ô Lucie", "En Transit"), la déchéance des esprits ("Le Bar Des Pauvres"), les relations humaines, amoureuses ("Love Her Craft") ou non ("Comment Savoir?"). Là encore, le groupe de Montpellier a énormément progressé, techniquement (il aborde tous les styles, du punk rock au ska) et artistiquement (appelons-le ça de la maturité ou l'âge adulte, peu importe). Les titres, qu'ils soient placés sous l'étendard punk rock ("Souvenir"), hardcore ("En Transit") ou ska ("Crois-tu Pouvoir M'Echapper?"), restent toujours nerveux, trépidants et, surtout, rentre-dedant (genre La Ruda secouée par Trust). La combinaison musique / texte fonctionne d'ailleurs parfaitement. Il va s'en dire que le groupe, avec ses textes en français, son engagement radical et sa musique colorée ne va certainement intéresser qu'une partie du public punk rock français (en gros, ceux qui kiffent l'alterno), ce qui bien évidemment dommage tant cette nouvelle prestation de Gilbert Et Ses Problèmes (avec un nom comme ça, les anti-punk rock en français auront déjà quitté cette chronique) assure un lien, ténu certes, mais bel et bien physique entre le passé et le présent. — Pépito Ramirez

www.myspace.com/gilbertetsesproblemes


Chronique de Yann pour http://www.punk-hardcore.info/

GILBERT ET SES PROBLEMES "en transit"

Ben dis donc, après 15 ans et plusieurs centaines de concerts, il était quand même temps que le groupe sorte un troisième album ! En tout cas, ça valait le coup d’attendre, parce que la maturité est au rendez-vous ; tout est soigné : la production, la longueur (14 titres et trois-quart d’heure de musique), l’artwork de Yann HxC (superbe comme toujours)... La musique a évolué, toujours avec une base punk-rock mais de gros passages ska, ska-punk, et carrément Hardcore parfois. Le mélange passe bien. J’aime particulièrement les passages au saxo, dont la sonorité rappelle CAMERA SILENS ou PSYCHOSQUATT. La dernière chanson à la contrebasse est marrante aussi. Globalement donc, un album de qualité, avec des textes bien écrits et intéressants. http://trauma-social.propagande.org